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 | Entrevue avec Jessy de la formation québécoise eXterio. |
eXterio est actif depuis plusieurs années, mais il semblerait que le meilleur soit encore à venir en ce qui concerne le potentiel du groupe.
Sa direction récente, davantage axée vers le Rock Alternatif francophone, semble bien lui réussir, tout comme l'arrivée d'un nouveau chanteur lui aurait donné un nouveau souffle.
Nous avons jugé bon de nous entretenir avec Jessy, bassiste pour eXterio, afin d'en savoir plus sur les nouveaux dévelloppements.
Patrice Lamontiers de MetalQuebec.com : Tout d'abord, j'aimerais que tu me parles un peu de votre nouveau chanteur et de sa contribution ; tu me disais qu'il apporte un souffle nouveau au groupe ?
Jessy d'eXterio : Y'a pas de mots pour expliquer comment ça fait toute la différence. Notre ancien chanteur, Goss, y était un peu là par défaut. Il se débrouillait bien, mais c'était pas vraiment sa vocation. Il a été amené dans le groupe en tant que guitariste, et c'est lui qui avait la voix la moins fatiguante si on peut dire. Finalement il est parti pour jouer avec le groupe DialectikWave, des vieux copains, et on a passé une annonce dans le VOIR. Après avoir parlé avec une bonne trentaine de candidats, Marc est apparu dans le paquet.
Il avait notre âge, il jouait super bien de la guitare, et il chantait super bien. Il avait un groupe avant nommé les "Fermiers Enragés" à Windsor. On est tombé sur une perle rare ! Ca fait 10 ans que le groupe existe et on a enfin un chanteur avec du talent. Même nos amis proches nous avouent en pleine face que dans le fond, ca bouettait avant. Ça nous ouvre plein de portes. Il se débrouille très bien dans notre style, et il compose comme nous, etc. Le match parfait.
P. L. : Depuis quand est-ce que le groupe est en activité, et quels sont les événements les plus importants qui lui sont arrivés ?
J. : Le groupe existe depuis juin 1992. On avait tous en moyenne 13 ans. On commencait le secondaire, pis on est toujours resté très bons copains. Du groupe original, on est encore 3 sur 4. On a changé de guitariste et de chanteur plein de fois. Le groupe a pris un break pendant 3 ans entre 1997 et 2000. On a été chercher de la maturité et du bagage musical chez d'autres formations. Alors on est revenus en force avec plein de nouvelles idées.
Les évènements les plus importants ? Sans doute notre spectacle de la St-Jean Baptiste en 1994 devant 3000 personnes. On avait à peine 14 ou 15 ans... C'était pas très bon ce qu'on faisait, mais 3000 personnes c'est impressionnant en maudit ! On a aussi joué à l'Auditorium de Verdun en 1995 pour le concours ROCK CONCERT avec Geneviève Borne et Musique Plus...
Mais tout ça est pas comparable aux 3 dernières années qui furent occupées comme jamais. 3 démos, 2 compilations (y'en a deux autres qui viennent), une bonne trentaine de shows ; on a joué dans pratiquement toutes les salles de spectacles de Montréal, incluant le Cabaret pour le lancement de la compilation LA PLAIE.
Ya aussi eu le scandale Émergenza cette année, le concours européen qui est venu fourrer toute la scène underground du Québec avec un concept assez croche. On y a participé pis après on a déclaré ouvertement notre façon de penser dans un article du VOIR de Éric Parazelli. On est les seuls avec les Martiens à avoir dit tout haut ce que les 100 autres groupes pensaient tout bas.
P. L. : Quelles sont les influences musicales principales d'eXterio, c'est-à-dire les groupes et les styles de musique ?
J. : On a commencé comme tout le monde de notre âge avec du Métallica et du Guns'N Roses... Y'a 10 ans ça pognait encore... Mais nos influences actuelles sont comme tout le monde, très éparpillées. Moi j'écoute de tout, mais j'ai toujours trippé sur le travail de Soundgarden, Finger Eleven, et dernièrement Thrice. Dan lui aime plus le métal commercial comme Nickelback et Creed. Pis Nick est à l'autre bout avec The Cure, U2 pis d'autres trucs bizarres comme ca... Marc c'est dur a dire, parce que je le connais pas depuis assez longtemps.
P. L. : Comment qualifier votre propre style musical, tout bonnement Metal ou quelque chose de plus ?
J. : eXterio c'est du Rock Alternatif Francophone. On ne dit plus Métal parce qu'on fait pas juste ça et ça nous ferme des portes des fois. Mais si on joue avec Dook, ca sera pas weird du tout comme mélange, même chose pour des groupes comme Satellite ofJunes qui est plus EMO.
Musicalement ca ressemble à ce que Capitaine Révolte fait aujourd'hui, Guano dans le temps, Dilemme, Arseniq 33, etc. Au niveau du vocal, les paroles visent un public jeune comme Vulgaires Machins et Marmottes Applaties. On est vraiment soudé entre le Métal et le Punk, alors on se dit Rock Alternatif.
P. L. : Les textes sont-ils importants pour le groupe, et de quoi traitent-ils (liberté, aliénation, société, etc.) ?
J. : Pipi, Caca, pouèlle, c'est pas mal ça nos sujets. :) On est encore très jeunes dans nos têtes pis on est probablement les seules personnes au monde à s'ennuyer de l'école secondaire. C'est sûr qu'on vieillit et que nos chansons deviennent des fois sérieuses, mais eXterio, c'est toujours sans prétention. Tout ce qu'on veut c'est que les gens sautent et slamment dans nos shows. On veut que le monde oublient leurs problèmes de tous les jours, qu'ils fassent le vide pendant 30-45 minutes pour tripper, chanter, crier etc.
On aura jamais comme but d'écrire des textes engagés et de dire quelque chose d'intelligent. Pourtant on en fait, mais on joue pas de la musique pour passer nos messages... On veut que les gens restent avec nos tounes pognées dans la tête comme des comptines.
On a des chansons engagées comme celle qui sera sur la compilation "Québec-Libre 2". Elle dit en gros que nos héros étaient tous saoûls pis gros comme Dollars-des-Ormeaux. Alors on rit un peu de nous-mêmes dans le fond, même avec une chanson très nationaliste.
P. L. : Il me semble que votre musique est assez technique (changements de rythme, accords peu conventionnels, etc.). Est-ce délibéré ?
J. : En fait ça dépend des chansons. Mais on essaie de cogner ensemble. C'est-à-dire qu'on joue pas individuellement, on est toujours en relation avec ce que l'autre fait. Alors on va avoir des bouts plus commerciaux pour que le monde se souviennent de nos tounes. Souvent commercial rime avec simple, mais étant donné qu'on a un background métal, on essaie de faire des passes techniques, sans trop en mettre parce qu'on serait plus capable de jouer sur scène.
On veut être capable de bouger en show. Pis avec un environnement de spectacles : adrenaline, bière, etc. Si tu veux sauter pis bouger, t'as affaire à pas avoir trop à te concentrer ! C'est surtout Dan au drum qui tire beaucoup pis qui fait tout le travail...
P. L. : Est-ce difficile de percer pour un projet comme le vôtre à Montréal ?
J. : Sans chanteur oui, avec moins... C'est-à-dire qu'il faut avoir un bon produit, sinon t'as beau connaître toute l'industrie musicale, t'auras pas plus d'offre si ton produit est plate. Mais il y a aussi le facteur temps, qui dit qu'il faut au moins un gars dans le groupe qui travaille pas et qui s'occupe de l'administration du groupe à temps plein, sinon ça avance pas. Le meilleur exemple c'est Dook. Sébastien a toujours travaillé fort sur son band pour le rendre où il est. Moi j'essaie de faire la même chose que lui. Tous mes temps libres sont consacrés au groupe. Un groupe c'est comme une business, y'a pas juste les pratiques qui comptent, y'a aussi l'administration, les plans futurs, les connexions, etc. Faut se garder un bon livre d'adresses.
P. L. : Êtes-vous satisfaits de la réponse du public à votre musique, tant au niveau des spectacles que de l'écoute de vos enregistrements ?
J. : C'est sûr que ma réponse est différente que si tu m'avais posé la question y'a 6 mois. Maintenant oui, tout d'un coup les gens s'intéressent à nous, les gens veulent nos CDs après les shows, les fans nous envoient plein de e-mails tout le temps, on a une clique autour de nous qui se forme parce que notre produit promet. Les gens savent reconnaître un bon et un mauvais produit... Ce qu'on avait était pas mauvais, mais c'était pas assez bon pour passer dans les ligues plus hautes...
P. L. : Les membres d'eXterio ont-ils joué dans d'autres groupes avant de se joindre à vous ?
J. : Oui, comme j'ai dit plus haut, entre 1997 et 2000, Dan a fait un album avec FROZE BITE, Nick a joué avec LADYBUG, et moi avec PUSHER. J'ai aussi remplacé le bassiste de Slime pendant un certain temps. J'ai eu un band qui s'appellait ironiquement Blast Fame comme le groupe métal connu aujourd'hui. Ce groupe là a pas duré longtemps, mais il y avait du potentiel musical par exemple. Pascale Cimone, drummer du groupe Soulforge et Fred guitariste du groupe Agony jouaient avec moi et 3 autres personnes... croyez-le ou non, c'était pas un band Métal.
P. L. : Dans quelle direction comptez-vous évoluer dans les temps à venir ?
J. : On voudrait devenir un groupes 'new age' avec des choristes, une section brass et des danseuses nues pour agrémenter nos spectacles, mais on veut pas partager l'argent et la bière de nos shows alors on planifie rester un quatuor, qui joue du rock alternatif Francophone :)
Non, sans blague, la direction présente, c'est celle qu'on a entrepris y'a 3 ans... On est conscient que le groupe a du potentiel commercial, et que si on met de l'argent sur nos projets qu'on va réussir à jouer à la radio et la télé, avoir des groupies et signer plein d'autographes sur des seins !
P. L. : Tu me dis que vous allez bientôt effectuer une tournée avec un groupe de France, et que vous allez vous-mêmes aller en France en mai 2003, qu'en est-il plus précisément ?
J. : Oui c'est un projet qui roule depuis 1 an déjà. C'est Derrick de Punk Oueb et Final Records qui a commencé ça avec Gingerbread. C'est un groupe très actif en France et ils désiraient faire la promotion de leur CD ici. Alors on leur a booké une tournée d'une dizaine de spectacles en 13 jours partout au Québec, de Montréal à Sept-îles.
Ça s'en vient, c'est pour les 2 premières semaines d'août. On va jouer dans plein de villes et de festivals avec des supers bons groupes comme Dilemme, Satellite of June, Chapter, Face Off, etc. Vous pouvez avoir plus de détail sur le site web des Productions Infection : ou sur le nôtre (site d'eXterio).
Si je répondais à ce questionnaire là dans 6 mois, ça serait sûrement ça le plus gros évènement qui nous est arrivée à date ! Ensuite ils nous invitent à aller en France pour une tournée semblable au mois de Mai 2003. On ira là-bas avec notre premier album complet !
P. L. : Quels sont les objectifs immédiats et à long terme pour eXterio ?
J. : Court terme? Le LACHFEST 2002 à l'aréna de Lachine le 20 juillet, la tournée avec Gingerbread, l'enregistrement de notre album et la tournée en France. Après on continue de rouler avec l'album et de faire plein de shows !
À long terme, si tout va bien, on va être des rockstars et on aura notre propre biographie sur le canal A&E... Moi je veux me servir de ma popularité pour rencontrer du monde comme Mitsou et passer à l'émission de Michel Jasmin. Dan veut être sur la première page du Modern Drummer, Nick veut rencontrer The Cure et Marc ben y suivra ben... Chus sûr qu'on pourra lui trouver un place dans le coeur des Québécois!
P. L. : Merci pour l'entrevue, bonne chance avec eXterio !
J. : Ça m'a fait plaisir ! Venez nous voir en shows, on fait de la pyrotechnie et on dance comme des Backstreet Boys ! C'est pas des jokes ! Bonne canicule !
Site officiel d'eXterio sur la toile : www.exterio.8k.com.
Rédigé par Patrice Lamontiers
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